Message aux Clérençois
Chères Clérençoises, Chers Clérençois,
Les événements survenus ces derniers jours dans notre pays, marqués par des manifestations, mais aussi par des violences, des dégradations et des pillages, nous invitent à la réflexion.
Si notre commune n'est pas impactée pour le moment, notre tranquillité locale ne doit pas nous rendre indifférents à ce qui se passe ailleurs. Les difficultés rencontrées par nos concitoyens nous concernent tous.
Chacun doit pouvoir exprimer ses inquiétudes, ses désaccords et ses revendications. Le droit de manifester pacifiquement est une liberté fondamentale, et il est légitime que les Français puissent faire entendre leur voix, notamment lorsqu’ils s’inquiètent de leur pouvoir d’achat, du coût de la vie et de leur capacité à vivre dignement de leur travail.
Ces préoccupations sont réelles. Elles touchent de nombreux foyers, dans les villes comme dans les campagnes. Dans nos communes rurales, nous savons combien les dépenses contraintes, les déplacements, le coût de l’énergie et les difficultés du quotidien peuvent peser sur les budgets des familles. Ces inquiétudes méritent d’être entendues et prises en considération.
Mais exprimer une colère ne peut justifier de s’en prendre aux autres.
Les violences, les pillages et les dégradations que nous avons pu constater dans certaines communes sont inacceptables. Les mairies, les services publics et les commerces ne sont pas des cibles : ils sont au cœur de notre vie collective. Ils rendent des services essentiels, font vivre nos territoires et répondent aux besoins de la population.
Lorsqu’une mairie est dégradée, c’est un lieu au service de tous qui est atteint. Lorsqu’un commerce est pillé, ce sont des femmes et des hommes qui voient leur travail, parfois celui de toute une vie, directement menacé. Et lorsque des équipements publics sont détruits, c’est l’ensemble des contribuables qui en supporte les conséquences.
Il ne faut pas opposer ces réalités. Les difficultés économiques et sociales peuvent nourrir l’inquiétude, l’exaspération et la colère. Elles doivent être écoutées et traitées avec sérieux. Mais les violences ne peuvent constituer une réponse à ces difficultés. Elles fragilisent le lien social, pénalisent les habitants et peuvent aggraver les situations qu’elles prétendent dénoncer.
En tant que maire, je crois profondément à l’importance du dialogue, du respect mutuel et de la responsabilité collective. Notre rôle, à toutes et à tous, est de faire vivre un espace où chacun peut s’exprimer librement, sans intimidation, et où les désaccords peuvent être entendus sans que la violence ne prenne le dessus.
Notre commune est à taille humaine. Cette proximité est une force. Elle nous permet de nous connaître, de nous écouter et de rechercher ensemble des solutions, même lorsque nous ne partageons pas les mêmes opinions.
Je souhaite que nous restions attachés à ces valeurs simples mais essentielles : la liberté de s’exprimer, le respect des personnes, la protection des biens communs et la solidarité entre les habitants.
Être à l’écoute de la colère et des inquiétudes de nos concitoyens, c’est une nécessité. Refuser la violence et les dégradations, c’est une responsabilité. Les deux exigences sont parfaitement compatibles.
Continuons à faire vivre notre commune dans cet esprit de respect, de dialogue et de solidarité. C’est ainsi que nous préserverons ce qui nous unit, au-delà de nos différences, et que nous contribuerons, chacun à notre niveau, à une société plus apaisée et plus attentive aux difficultés de tous.
Bien cordialement,
Le Maire



